de Bobo au burkina à Niamey au Niger en passant par le Mali

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Niger - Niamey
de virginie, le 11-06-2006

de Bobo au burkina à Niamey au Niger en passant par le Mali

Nous avons eu un peu de mal à quitter Bobo : le bus en panne pour cause de crevaison n'a en fait jamais redémarrer et nous avons attendu longtemps en vain avec les autres voyageurs. finalement 2 heures plus tard, le convoyeur nous a annoncé qu'ils n'avaient pas trouvé de bus de remplacement alors qu'il nous l'annonçait en révision... nous nous sommes donc dirigés vers une autre compagnie quitte à faire un changement et un détour via Bla. Nous avons dormi à la gare routière comme les autres voyageurs attendant leur correspondance. A Bla, nous avons troqué le bus climatisé contre un minibus brinquebalant pour nous rendre à Djenné. encore une fois, nous avons passé plus de temps à attendre lors du passage des frontières et des contrôles de police qu'à rouler. 13 heures de voyage plus tard, nous arrivons fourbus mais satisfait dans une ville mythique, îlot au milieu du Bani, presque à sec en cette saison. Djenné peut être fière de sa mosquée (le plus grand monument au monde construit en terre, 100 piliers de 75m sur 75m) et de son architecture entièrement en banco (mélange d'argile, de son de riz et d'eau fermenté). Nous avons passé une matinée à déambuler dans ses ruelles et l'après-midi nous nous sommes rendus en vélo dans un village bozo et un village peul situés non loin de là. Pendant la nuit une violente averse a duré plusieurs heures et au petit matin nous découvrons les dégâts: les maisons fondent littéralement sous la pluie. On comprend pourquoi les habitants doivent refaire leurs crépis chaque année! Départ le lendemain pour Mopti, une autre ville construite sur le fleuve Niger et un de ses confluents le Bani. Moins de charme que Djenné mais une vue magnifique sur le port et les pirogues évoluant sur le fleuve: un spectacle magique en fin de journée. Cependant nous partons plus vite que prévu, la vie en ville nous sied moins, trop d'agitation, pas assez de rencontres authentiques.
Nous nous dirigeons vers le pays dogon, un autre endroit mythique du Mali. Les dogons, un peuple dont certains villages sont devenus des musées. On vous propose le petit tour, le moyen tour ou le grand tour de 5 heures. Il n'y a qu'à faire son marché ! En fait le pays dogon regroupe des centaines de villages et 90 dialectes, autant dire que l'on change de langue d'un village à l'autre. Et c'est pareil pour les coutumes, un interdit ici n'est plus vrai à 10 km, l'architecture varie également beaucoup. On peut quand même regrouper les villages en trois grands groupes: le plateau, la falaise et la plaine. Nous avons choisi de passer par le plateau, plus accessible en vélo et moins touristique. Notre première journée fut employée à l'ascension du plateau pour atteindre notre premier village dogon, Kori-Kori. Nous sommes accueillis par le chef du village et ses conseillers qui passent la soirée avec nous. Le lendemain, nous partons visiter les grottes de leurs ancêtres qui sont ornées de peinture rouges et noires. Ils nous expliquent le fonctionnement du calendrier dogon basé sur 8 mois d'hivernage (propice à l'agriculture) et 4 mois de saison sèche. Ils nous montrent les anciennes cachettes utilisées pour cacher les masques, dont seuls les initiés avaient la connaissance, mais aussi les endroits et les rites de passage de l'initiation. Nous plongeons pendant quelques heures dans un autre temps! Départ ensuite pour Bandiagara où nous nous arrêtons faire quelques provisions en prévision des jours à venir. Nous prenons la piste de Kindié: une partie de rigolade car la piste est toute neuve et les gués sont aménagés. La route relie des petits villages et est ponctuée de collines entourées de rochers. Nous nous arrêtons à Koundiala où nous sommes accueillis par le chef de village. Nous dormons avec un infirmier vétérinaire également de passage au village pour vacciner le bétail. Il nous fait la visite du village le lendemain. Il nous montre la toguna, édifice servant pour les conseils du village au plafond très bas (afin de refroidir les esprits échauffés qui en se levant de colère se cogneront immanquablement la tête au plafond!) et les greniers mâles (toit plat pour les hommes et stocker la récolte) et femelles (toit arrondis , pour les femmes, pour stocker leurs effets personnels), particularités des villages des environs. Nous repartons ensuite vers Kindié, un village construit à flan de falaise, que nous atteignons pour le déjeuner. La route arrive au bas du village entre 2 falaises et la vue au sommet du village où se situe la toguna est magnifique. La belle piste est terminée, la sortie de Kindié est bien sablonneuse et le paysage devient plus désertique. Nous rejoignons Emdié, un village fondé par les peuls, dans la soirée. Le lendemain matin en partant du village nous croisons un jeune marabout et ses talibe. Lui dans une tunique pourpre, le poignard à la ceinture, le chapeau pointu des peuls sur la tête et des chaussures de cuir finement travaillées campe fièrement sur son cheval splendidement harnaché, eux, de jeunes garçons d'une dizaine d'années le suivent vêtus de haillons, leur nattes roulées sur la tête et leur timbale à la main. Malgré les explications de nos hôtes, nous nous perdons sur le plateau: trop d'enchevêtrements de pistes. Vers midi, on nous remet dans le droit chemin mais nous avons compris la leçon, nous contrôlons notre cap dès que nous croisons quelqu'un. Nous arrivons ainsi à Tassembé à la nuit tombée, village situé au sommet d'une falaise, non sans difficulté. Heureusement un homme à moto nous a mis des branches d'arbres sur le sol comme convenu pour nous indiquer la direction à suivre. Dans ce village dogon aux ruelles tortueuses et étroites on a voulu conserver la toute première toguna construite en mémoire dès la création du village. Les togunas sont recouvertes habituellement de tiges de mil mais celle-là a un toit fait de branches car elle a été érigée avant la première récolte du village... Nous entamons alors ce que nous croyons être notre dernière journée sur le plateau dogon mais le terrain nous réserve quelques surprises. Les pistes deviennent difficiles à suivre, heureusement que nous croisons les bergers peuls qui sillonnent le plateau avec leur troupeau pour nous indiquer la route. Nous commençons la descente du plateau, la piste devient vite impraticable à vélo, des amoncellements de blocs de pierres se succèdent et nous avançons lentement. Les cailloux sont souvent trop gros et nous devons délestés nos montures de leurs bagages pour faire ensuite des allers-retours et recharger le tout. Pendant la journée, l'harmattan s'est levé et souffle de plus en plus, nous sommes cuits. Le souffle chaud et l'air chargé de sable nous déshydratent. La nuit va bientôt tomber et nous sommes encore loin de la vallée. Le sort s’acharne contre nous car nous n’arrêtons pas de crever, c’est un peu la loi des séries... Nous posons le camp près d’une ferme abandonnée au cas où l’on ait besoin de s’abriter pendant la nuit. Nous n’avons plus que 2 litres d’eau, il va falloir se rationner. Peu dormis : trop chaud dans notre abris où nous suons à grosses gouttes et trop dehors où le vent continue de nous dessécher. Nous attendons patiemment le lever du jour pour aller chercher de l’eau. 5h, le jour se lève enfin, nous nous partageons les dernières gorgées d’eau épargnées et Lionel part chercher un puits tandis que je reste garder nos affaires. Heureusement un berger peul arrive avec son troupeau et indique à Lionel le puit le plus proche, il n’y a qu’à suivre les vaches... Il nous offre également de l’eau, et fraîche en plus ! Vers 7h00 Lionel est de retour, nous allégeons la gourdes de quelques litres puis nous repartons sur cette horrible piste. Toujours le même schéma : on enlève les bagages, on descend le vélo à pied, on retourne chercher les bagages. Enfin nous atteignons la vallée... sableuse... en tous cas c’est moins difficile. Nous atteignons Douentza alors que le marché hebdomadaire bat son plein et devons nous frayer un passage parmis les étalages, les charrettes et la foule multicolore.
Nous renouons avec le bitume dès le lendemain en fin d’après-midi mais au bout d’une heure de vélo nous sommes rattrapés par une tempête de sable. Nous avons vu fondre devant nous ce rideau de sable qui barrait l’horizon en quelques minutes. Aussitôt les tourbillons de vent ont stoppé net notre élan et les branches volaient autour de nous. Nous avons trouvé refuge dans un petit village dogon, Patouguy, au pied des falaises. J’ai oublié de vous dire que la route qui mène de Douentza à Hombori est absolument sublime, on se croirait dans un canyon, d’immenses falaises bordent la route. Par contre il fait de plus en plus chaud et les puits et les villages se raréfient. On voit au loin des campements bellas, les esclaves des peuls qui gardent les troupeaux, de simples cases de paille au milieu d’un paysage aride. Nous arrivons à Hombori, complètement assoiffés car notre eau doit bien faire 35 degrés et commence à être un peu chaude à avaler ! Sur les recommandations d’un conseiller du chef du village de Patouguy nous prenons un bus le lendemain pour Gao car la route est trop désertique. Gao : une ville au milieu du désert, ensablée et au soleil ardent. Nous essuyons une deuxième tempête de sable, pendant la nuit cette fois, alors que nous dormons sur le toit du campement. Après une longue attente, le bus est en panne, nous partons vers Niamey, dans un véhicule qui craque du sol au plafond, entassés avec des sacs d’aliments pour bétail sous les pieds. Voyage de 24 heures dans un paysage désolé, sur une piste défoncée par les dernières pluies : épique !

Voilà nous avons passé quelques jours à Niamey et nous repartons demain sur la route en direction du Ghana … eh oui notre itinéraire a un peu changé !!!

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